Portrait des Pyrénées

La géographie du massif des Pyrénées (cantons, communes) est rappellée en page d'introduction à ce chapître.

Les éléments ci-dessous sont extraits du schéma interrégional de massif des Pyrénées, approuvé par le Comité de massif des Pyrénées en 2006. Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger la plaquette "Pyrénées, nouveaux horizons", le schéma interrégional de massif, le schéma de massif forestier, à partir des liens rappelés à la fin de cet article.

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Le Massif des Pyrénées est passé d’une situation de perte de population conjuguée à des difficultés économiques, à une dynamique de croissance marquée par un regain d’attractivité. Cette dynamique s’accompagne d’une spécialisation de l’économie pyrénéenne dans l’accueil touristique et résidentiel de populations urbaines. Ainsi, les revenus et l’emploi du massif sont-ils fortement dépendants de cette nouvelle économie résidentielle.

En matière de démographie, d’emploi et de revenu, les rythmes d’évolution des Pyrénées tendent à rejoindre les rythmes nationaux depuis une quinzaine d’année : le massif ne se singularise plus dans l’espace national voire européen.

 

.  La population des Pyrénées stagne encore, mais l’attractivité du Massif s’intensifie

Malgré un solde migratoire positif de 4% entre 1990 et 1999, la population du massif stagne globalement autour de 480 000 habitants depuis 1975 du fait d’un solde naturel négatif lié au vieillissement de la population (ratio retraités/actifs de 71%).
Ce vieillissement explique en partie la croissance significative du  nombre des ménages (+ 21000 entre 1990 et 1999) et l’expression de besoins nouveaux notamment en matière de logement et de services.
La population des Pyrénées se renouvelle en raison de soldes migratoires importants (+ 111 591 entre 1990 et 1999). Les nouveaux habitants du massif sont pour plus de la moitié originaires de départements n’appartenant pas à la zone massif : les Pyrénées se situent désormais dans les grands flux de mobilité nationaux. Cette mobilité concerne tout particulièrement les retraités : sur 100 nouveaux venus entre 1990 et 1999, 20 ont plus de 60 ans (contre 10 au niveau national)
 

 

.  L’emploi et les revenus pyrénéens rejoignent les tendances nationales

Attractivité démographique et croissance du nombre des ménages sont indissociables d’une évolution positive de l’emploi et des revenus.
Ainsi, entre 1993 et 2003, l’emploi salarié privé gagne plus de 10 000 emplois conformément au rythme d’évolution national au cours de la même période (+18%).
L’accroissement de la population active, conjugué à celle des retraités, provoque entre 1990 et 1999 une augmentation de 5% du nombre de titulaires de revenus et du montant annuel moyen de ces revenus (7000 euros en 2000 soit 92% de la moyenne de la province).
 
 

.  Les revenus et l’emploi dans les Pyrénées sont déterminés par la consommation de loisirs

L’analyse quantitative et qualitative des sources du revenu pyrénéen met en évidence le poids considérable des revenus provenant des dépenses des touristes (34 %) et des retraités (25%). Les Pyrénées vivent donc globalement de la vente de leur espace, de leur paysage et de leurs installations touristiques. La production propre, qu’elle soit agricole ou industrielle ne représente que 15% du total des revenus perçus, contre 25 % en moyenne sur les aires urbaines françaises.
 
Parallèlement à cette spécialisation du revenu, on note entre 1990 et 1999 la disparition de plus du tiers des agriculteurs exploitants et de près de 20% des commerçants et artisans, signe évident du passage d’une société traditionnelle rurale à une économie de services.
 
 
.  L’occupation de l’espace pyrénéen est de plus en plus liée à la consommation de loisirs
 
 
Dans les communes de montagne mais aussi dans nombre de communes du piémont, la population réellement présente oscille en moyenne annuelle entre 120% et 240% de la population légale.
Ce phénomène concerne l’ensemble du massif et ne se limite pas aux seules communes touristiques et aux stations de ski : s’il génère des revenus, il est également consommateur de ressources (espace, eau, énergie…) et susceptible d’impacts dommageables pour l’environnement.
 
La construction de résidences secondaires illustre parfaitement cette situation avec 18 500 résidences construites entre 1990 et 1999, soit 60 % des constructions nouvelles. Les résidences secondaires représentent aujourd’hui le tiers du parc total de logements du massif, contre environ 10% pour la France métropolitaine. Elles pèsent pour près de 55% des nouveaux logements dans les communes de montagne et pour plus de 90% des nouveaux logements dans les communes de haute montagne.
 
 
 
 
 
Les Pyrénées ont su également tirer profit de leur position stratégique en s’intégrant dans des échanges franco-espagnols croissants.
 
 
L’ouverture du Massif vers l'Espagne se fait à trois échelles :
 
.  transnationale, avec deux couloirs qui assurent le transit entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe
 
Les trafics routiers (65 millions de tonnes de fret en 2000 soit 41 % du fret total) concernent principalement les deux extrémités des Pyrénées, dont la fonction de corridor international est devenue stratégique eu égard à la forte croissance économique de la péninsule ibérique. Si le passage atlantique connaît la croissance la plus forte, le passage méditerranéen reste le plus dense (35 millions de tonnes en 2000).
 
transrégionale, avec des échanges bilatéraux
 
Dans leur ensemble, les échanges "de proximité" entre régions pyrénéennes représentent plus du tiers des échanges entre l’Espagne et la France. Il faut y voir la marque d’une intégration croissante des économies régionales de part et d’autre de la chaîne pyrénéenne.
 
locale, avec des modalités différenciées d’intégration économique de proximité
 
Des différences notables, en partie liées aux densités démographiques et à la perméabilité géographique, sont observées d’ouest en est de la chaîne.
Du côté Atlantique, au-delà des relations institutionnelles, un véritable espace économique semble en voie de constitution avec des partenariats franco-espagnols industriels, commerciaux et de recherche.
Dans la zone centrale, les relations de proximité se développent surtout par le tourisme : le marché espagnol alimente de manière notable les stations de ski françaises.
Du côté méditerranéen, si le rôle du tourisme demeure important dans les relations franco-espagnoles, se nouent plutôt des interdépendances dans le champ du logement et des services.
 
 
 
 
Dans ce contexte se distinguent trois « systèmes socio-économiques » : le système basco-béarnais caractérisé par une économie productive importante ; le système central, encore très dépendant de la métropole toulousaine ; et le système catalan, constituant un espace fortement spécialisé dans l’économie résidentielle et touristique.
 
 
Les trois grandes tendances - alignement sur les évolutions nationales, spécialisation, intégration transnationale - se combinent différemment d’Est en Ouest et permettent de repérer trois principaux "systèmes sociaux économiques" :
 
 
 

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  • Le système Basco-Béarnais
 
Principalement alimenté par des migrations internes au département (43% des nouveaux venus dans le Massif habitaient déjà les Pyrénées-Atlantiques auparavant), le système basco-béarnais se démarque fortement par l’importance des activités de production. L’intégration entre les villes du piémont et la montagne y est plus forte que dans le reste du massif et contribue à l’émergence d’une"métropole en réseau", dont les points d’appui sont Pau, Bayonne, San Sebastien et Pampelune.
 
  • Le système "central"
 
Les Pyrénées centrales se situent dans l’orbite économique et démographique toulousaine : une part déterminante de leur solde migratoire provient de la métropole de Midi-Pyrénées et la bonne tenue de leur activité et de leur revenu est liée à la consommation de loisirs par les toulousains.
 
  • Le système catalan
 
La partie catalane du massif est la plus dynamique de la chaîne en termes démographique (solde migratoire de 10%) et de création d’emplois. Elle est considérablement spécialisée dans l’économie résidentielle et touristique (les revenus du tourisme y représentent plus de 50% du total des revenus des habitants) avec une double logique d’intégration : forte périurbanisation de Perpignan d’une part, et continuité avec l’Espagne d’autre part.
 
 
 
 
 
Ceci étant, l’attractivité renforcée de la montagne n’est pas sans poser problème. Les pressions exercées sur le patrimoine naturel et écologique sont croissantes. Les activités agricoles et forestières qui outre leur fonction « productive » permettent d’entretenir ce patrimoine, doivent aujourd’hui prendre en compte la présence croissante de résidents et de touristes.
 
 
 
Les constats précédents livrent une vision plutôt optimiste de l’évolution et des dynamiques du massif des Pyrénées (démographie, emplois, revenus,… ). Toutefois, les équilibres sur lesquels se fonde le développement de l’économie pyrénéenne pourraient à terme, se fragiliser.
 
En effet, aujourd’hui les dynamiques positives à l’œuvre dans les Pyrénées sont portées par l'attractivité de la montagne sur les populations urbaines, qu'il s'agisse de consommation de loisirs et de tourisme ou de résidences. Cette attractivité repose sur la qualité des paysages et des espaces naturels dont la notion de capital écologique, également synonyme de biodiversité, ne saurait être dissociée.
 
Cette richesse patrimoniale qui constitue aujourd’hui le véritable socle de l’économie des Pyrénées est principalement le produit de l'exploitation agricole et forestière de la montagne.
 
Nonobstant un contexte économique et réglementaire en pleine mutation, ces activités sont confrontées à plusieurs difficultés qui pourraient mettre en cause leur survie et donc porter atteinte au capital pyrénéen  :
  • fonctionnellement, une vive concurrence foncière sur l’utilisation des espaces et la construction du bâti perturbe le fonctionnement des exploitations et en renchérit les coûts,
  • économiquement les dispositions réglementaires de protection du consommateur et de l'environnement contraignent les conditions d'exploitation
  • les coûts d’exploitation élevés, la faiblesse des revenus et la pénibilité du travail rendent la profession peu attractive pour les jeunes et bloquent le renouvellement des chefs d'exploitation.
 
 
 

 

Pour en savoir plus :

 
 
 
Vous pouvez consulter le Schéma Interrégional d’Aménagement et de Développement des Pyrénées, approuvé en décembre 2006 par le Comité de Massif des Pyrénées, qui détaille le diagnostic du territoire et propose des axes stratégiques pour l’avenir,  ainsi que le Portrait de Territoire : Pyrénées publié en mars 2009 par l’INSEE.
 
 
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Enfin, l’observatoire socio-économique des Pyrénées « SIG Pyrénées » mis en œuvre par le réseau Pyrénées et financé par les partenaires de la Convention Interrégionale de massif, est unoutil collaboratif de partage d'information, d'analyse et d'aide à la décision. Il a pour but de présenter, de comparer et de diffuser de l’information socio-économique et environnementale sur le Massif des Pyrénées. Ces informations sont proposées sous différentes formes complémentaires : outil de cartographie, cartes thématiques, outil de statistiques, atlas, observatoires thématiques... L’outil de zonage permet de connaître les zonages (Massif, Pays, EPCI, AOC, ZRR, ...) auxquels appartient une commune ou bien de lister l'ensemble des communes qui composent un zonage.